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Les Accords Toltèques au travail

Comment j’ai découvert les Accords Toltèques . . .

La première fois que j’ai entendu parler des accords Toltèques, c’était dans un article de journal de développement personnel, type Psychologie Magazine, Happinez ou Flow. Un article présentait assez brièvement les bases de ces 4 accords.

  1. Avoir une parole impeccable
  2. Ne pas en faire une affaire personnelle
  3. Ne pas faire de suppositions
  4. Faire toujours de son mieux

Cela paraissait si simple, des mots faciles à comprendre, pas de théorie compliquée. Un peu comme quand vous lisez un article de journal ou parlez avec une amie ou un coach et que le conseil qu’il vous donne résonne en vous comme une évidence ! Le fameux du commissaire Bourrel[1] « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » Peut-être était-ce parce que je venais de finir une formation sur la communication non violente® ? Ils ont immédiatement eu cet effet sur moi. Ils allaient devenir mes règles de vie, mes mantras quotidiens. En revanche, les appliquer s’avérerait être une autre histoire.

Qui peut se targuer d’avoir toujours une parole impeccable ? de ne pas en faire une affaire personnelle ? de ne pas faire de suppositions ? et de toujours faire de son mieux ?

S’ils sont faciles à appréhender, les mettre en pratique est plus difficile.

Les appliquer au travail : pourquoi  ? comment ?

Parce qu’on voit toujours plus vite la paille dans l’œil de son voisin que la poutre dans le sien. La première fois que j’en ai vu l’utilité au travail, c’est au travers de l’attitude d’une collègue. Elle sortait d’une réunion avec son chef nouvellement nommé et dont elle avait mal pris la promotion. Lors de cette réunion, un responsable de service lui avait confié une mission et son nouveau chef avait proposé d’en prendre une partie à sa charge, justifiant qu’elle avait déjà une charge de travail conséquente. De suite, elle s’est braquée et a supposé que son chef ne la croyait pas capable de réaliser seule cette nouvelle mission, qu’il voulait se faire bien voir de la direction et bien d’autres choses toutes positives envers son chef, évidemment ! Pas un instant, elle n’a envisagé d’accepter la proposition de son chef comme une reconnaissance de ses missions et de sa charge actuelle de travail.

En discutant avec elle, j’ai cherché à lui faire comprendre qu’elle transposait sa vision négative de la situation dans l’attitude et la proposition de son chef, en vain. Le bénéfice de l’histoire a été de me rendre compte que la communication est une interaction complexe qui dépend de nombreux paramètres, dont celui de prendre les faits pour ce qu’ils sont, sans y chercher d’arrière-pensée.

Dans nos métiers, le relationnel et la communication sont primordiaux. Après avoir vu la facilité avec laquelle ma collègue se perdait en conjectures, prenant tout personnellement, je me suis mise à rechercher à quel moment je pouvais faire des suppositions. Et là, j’ai vite déchanté : telle personne ne répond pas à mon bonjour ou du bout des lèvres, et mon cerveau imagine les pires scénarios :  « elle me fait la tête, elle est fâchée contre moi, . . . »  Pas un instant, je ne pense que la personne croisée est concentrée dans sa tâche, ses pensées ou peut avoir des soucis personnels. Non immédiatement, je le ramène à moi, contre moi devrais-je dire. Car il est évident que tout tourne autour de nous, non ?

Je comprends alors la puissance des accords toltèques et surtout le bien qu’ils peuvent m’apporter au quotidien dans mon travail. Je vais pouvoir arrêter de me mettre le cerveau à l’envers en cherchant pourquoi telle personne ne me salue pas. En théorie c’est simple, ne plus faire de suppositions et ne rien prendre personnellement. Dans la pratique, ceci se révèle être plus compliqué.

Comment les appliquer ? En reprenant tout depuis le début

En partant du principe de base des accords toltèques, cela devient un peu plus limpide. Il s’agit du fait que chacun de nous est enfermé dans sa PROPRE REALITE ou sa Vision Personnelle de la réalité. On pourrait presque dire que chacun vit dans son propre monde ou dans sa bulle.

Inconsciemment depuis que nous sommes nés, nous sommes influencés, « conditionnés » par notre environnement, nos préjugés et nos croyances. Petit à petit, tout ceci fonde notre vision du monde, notre réalité. Celle-ci est différente de celle de votre voisin ou même de notre frère ou notre sœur. Même deux jumeaux élevés dans les mêmes conditions n’auront pas la même vision de la réalité.

Nos croyances limitantes, ces pensées que l’on prend pour vraies alors qu’elles nous brident et nous font renoncer à un rêve ; donc nos croyances limitantes, disais-je, déforment négativement notre vision du monde et nous maintiennent dans un « univers » de plaintes et de récriminations.

Appliquer les accords toltèques, c’est d’abord s’en rendre compte. C’est aussi cesser de vouloir faire perdurer le passé (c’était mieux avant) ou maitriser l’avenir (imaginer ce qui pourrait se produire, ce que pourrait penser l’autre et en faire une réalité). Cessons les projections, les comparaisons, les suppositions et les préjugés . . .  

Acceptons que notre perception de la réalité puisse être différente de celle des autres.

Ne pas prendre les choses personnellement

Ainsi, conscient que votre collègue voit, pense et ressent les choses très différemment de vous, il devient plus facile de ne pas prendre les choses personnellement. C’est mettre notre ego de côté, ce qui n’est pas évident car son rôle est de nous rappeler notre importance et donc de réagir de façon personnelle. Ne lui en déplaise VOUS n’êtes pas la cause des actes des autres. Chacun agit selon ce qu’il considère être sa réalité. Donc sans faire pour autant des suppositions, il faut accepter que sa vision du monde puisse être différente de la nôtre et l’accepter. Ainsi un collègue qui arrive en retard à la réunion que vous organisez, n’est pas en retard pour VOUS déstabiliser ou VOUS énerver ni parce qu’il considère que VOTRE réunion n’est pas primordiale. Ainsi le plus simple, pour appliquer le deuxième accord toltèque est de rester baser sur les faits sans les interpréter. Votre collègue arrive en retard POINT.

Avoir une parole impeccable

Pour revenir au premier accord, avoir une parole impeccable. Il n’est pas nouveau pour nous autres occidentaux. On le retrouve dans la plupart des grandes religions sous forme de préceptes, d’injonctions ou de commandements. On nous apprend depuis petit qu’il ne faut ni mentir, ni médire.

En effet, les mots ont un énorme pouvoir qui peut être créateur ou destructeur. Si vous vous visualisez en train de bafouiller votre prochaine présentation devant le CODIR, vous vous crisperez, serez tendu, au final peu de chances que celle-ci soit fluide. Alors que si vous vous voyez dérouler cette présentation avec aisance, voyant votre direction opiner du chef, vous éprouverez un sentiment de détente qui vous permettra d’être plus relaxé et de réussir votre réunion. Connaissant ainsi la force des mots, avoir une parole intègre et faire preuve de diplomatie devient nécessaire pour travailler dans une ambiance sereine. Ainsi quand un collègue vous demande pour la dixième fois de lui envoyer la dernière version du papier à en-tête de l’entreprise, rappelez lui simplement l’endroit où elle se trouve sur le serveur sans le dénigrer.

Ne pas faire de suppositions

Il en va de même pour le troisième accord : ne pas faire de suppositions. Nous passons notre temps à imaginer ce qui va arriver, faire des hypothèses et souvent nous en faisons des tonnes ! Cela nous épuise et nous stresse. Alors arrêtons de nous faire des films et de nous projeter dans les pires scénarios.

Votre patron est passé devant vous sans un mot alors que vous lui posiez une question ? Plutôt que de penser que vous l’avez énervé, que votre question était stupide et qu’elle ne méritait pas de réponse, essayez de vous recentrer. N’est ce pas simplement le fruit de votre imagination ? Il ne sert à rien d’interpréter ce que dit ou font les autres. Mieux vaut leur poser directement la question. Dans ce cas, un « Monsieur ? » prononcé un peu plus fort et vous verrez bien sa réaction.

Vous pouvez également prendre le contre-pied de cet accord et laissez libre cours à votre imagination : envisager plusieurs autres conjectures : il ne vous a pas entendu, il était concentré parce qu’il va entrer en réunion, . . . En cherchant bien vous pouvez trouver de nombreuses raisons qui ne vous mettent pas en cause.

Faire toujours de son mieux.

C’est l’accord que je préfère. Il est lié au premier car pour bien le vivre, il faut avoir une parole bienveillante envers soi-même et accepter que votre mieux puisse varier d’un instant à l’autre. Parfois faire de son mieux peut se résumer à rester sereine toute la journée alors que vous avez passé une mauvaise nuit. Le principe est de ne pas exiger trop de soi. Marketez-vous et fixez-vous des objectifs SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réalisable, Temporellement défini). Vous n’êtes pas obligé de tout réussir à la perfection. Ne vous épuisez pas à viser la lune, si ce n’est pour retomber dans les étoiles . . .

De la théorie à la pratique, il y a un pas, voire plusieurs.

Pour y arriver, c’est un long chemin. Chaque matin, je choisis un accord sur lequel, j’essaie de me focaliser et de suivre toute la journée. J’accepte les échecs car j’ai fait de mon mieux et me félicite de ce que j’ai réussi.

Et vous ?

[1] Série TV des années 70 : « les cinq dernières minutes »

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